Mise à jour le 03/10/2022
Andreï Kourkov
Liana Levi,
2021

Depuis 1996, Kourkov tient le journal de l'Ukraine indépendante recensant des anecdotes sur les déboires de ses dirigeants, leur incurie et la corruption qui gangrène son pays.

Avec ce roman, il a voulu prendre de la distance en situant son roman en 2014, au moment de l'annexion de la Crimée et du début de la guerre dans le Donbass.
Dans un petit village de la zone grise, vit Sergueïtch, apiculteur. Sa maison se trouve sur la ligne de front entre les séparatistes pro-russes et l'armée ukrainienne. Dans ce village déserté par les habitants, sans électricité, il doit apprendre à vivre avec Pachka et à dépasser les griefs du passé.
Sergueïtch est un homme sage, bon, toujours prêt à écouter et à donner pour aider les autres qui sont dans le besoin. Il sait que les abeilles sont plus sages que les hommes.

Comme dans tous ses romans, le burlesque côtoie l'absurdité tragique d'une réalité qui prive les hommes de la possibilité de vivre.
Les villes détruites, les obus qui volent dans le ciel à la place des oiseaux, les routes barrées par des postes de contrôle, les soldats ennemis qui sont plus amicaux que ceux du même camp composent un paysage où plus rien ne fait sens, privant les gens de toute issue et de la possibilité même de trouver une terre où se sentir chez soi.

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Les abeilles grises